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L’accord de Paris, "bon et équilibré", selon des observateurs

Édition Spéciale | COP 21Publié le 13-12-2015 17h39

Laurent Fabius et François Hollande, à l'adoption de l'accord final de Paris sanctionnant la COP 21

EXPLOIT.
Le texte qui vient d'être adopté après un marathon de négociations de plus de 300 heures a fondu. Il ne fait plus que 31 pages, comprend deux parties: les décisions suivies de l’accord lui-même en annexe (voir encadré ci dessous). Globalement, malgré la réserve du Nicaragua,  l’Accord de Paris est  jugé "bon et équilibré" par les différents observateurs,  notamment parce qu'il fait une vraie différenciation entre pays développés et pays en développement. "Bien au-delà du plus petit dénominateur commun", souligne Thomas Spencer de l'Institut du développement durable et des relations internationales, l’IDDRI. "L'esprit qui a régné sur cette COP de Paris a permis d'aller au delà des divergences profondes" a salué la déléguée suisse. Qualifié "d'exploit" par la déléguée de l'Union Européenne, l'Accord de Paris ne constitue pas un point final, mais selon les commentateurs, une véritable amorce, un point d'ancrage important, "une solide fondation" vers une nouvelle économie bas carbone qui aidera à limiter le réchauffement climatique global. Les mentalités ont décidément changé depuis l'échec du sommet de Copenhague en 2009.

Les plus
La référence à 1,5°C. L'objectif de l’Accord est de limiter la hausse de la température moyenne globale "bien en dessous " de  2°c par rapport aux niveaux pré-industriels assortie d’une indication que les efforts doivent être maintenus pour viser un objectif de 1,5°C seulement.  C'était un des points cruciaux pour les pays les plus vulnérables.

Un objectif de long terme clair. La trajectoire pour parvenir à la limitation de hausse de température consiste à atteindre un pic d’émissions  de gaz à effet de serre "dès que possible" reconnaissant que cela prendra plus longtemps pour les pays en développement.  Puis, "conformément aux meilleures données scientifiques disponibles" il s’agira de parvenir dans "la seconde moitié du siècle" à un équilibre entre les émissions anthropogéniques (dues aux activités humaines) et l’absorption par les puits de gaz à effet de serre. "C’est un signal fort pour les marchés, commente Michael Jacobs du New climat economy. Nous avons un signal économique vers les investissements bas-carbone."

Un mécanisme de révision post-2020 heureusement bien cadré. Les pays ont soumis à la COP21 des engagements pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Et il a été montré que la somme des contributions nationales fournies par la plupart des pays à la COP (INDC) nous mène sur une trajectoire de 3°C et non pas 2°C ni encore moins 1,5°C. Selon l’Accord, les INDC devront donc être révisés à la hausse tous les cinq ans à partir de 2020. Avec un premier état des lieux mondial de l’avancée des politiques globales et de leurs résultats en 2023. Dès 2018 un "dialogue facilitateur ", fera le premier état des lieux des efforts faits. Une sorte de répétition générale avant les inventaires post 2020

Un plancher de 100 Milliards de dollars. Le fonds de 100 milliards de dollars par an est inscrit dans les décisions et non plus dans l’Accord (voir encadré ci dessous). Il doit être abondé dès que possible et revu à la hausse après 2020.

Pertes et dommages. Cette partie fait l’objet d’une partie distincte, comme le souhaitaient les pays les plus vulnérables. Elle garantirait des mécanismes d’entraide et d’assurance pour les pays les plus vulnérables au changement climatique. Mais n’ouvre pas droit à compensation.

Les moins
Les finances post 2020 sans chiffre. Il n’y a plus de référence chiffrée dans l’Accord de Paris. La mention des 100 MD$ pour le fonds vert est remontée dans les décisions (voir encadré ci dessous).

Pas de révision des engagements avant 2020. La coalition des "pays ambitieux" pour le climat, High ambition coalition, qui compte 80 pays (dont des gros émetteurs comme les USA et l’US), prendrait peut-être l’engagement, dans une déclaration à côté de l’Accord, de réviser ses INDC avant 2020. C’est en tout cas ce qu’appelle de ses vœux la fondation Nicolas Hulot.

Les droits humains restent dans le préambule. Mais n'entrent pas dans l'Accord de Paris proprement dit (voir encadré).

Les plus ou moins
Un système unique de transparence.  C’est une avancée par rapport au système actuel, différencié selon les pays développés ou en développement. "Mais il va devoir être suivi de près, commente Alexandra  Deprez, de l’IDDRI. "  Si la partie « review » (infos envoyées par les pays) est clairement unique, la partie « reporting » (rapports d’experts mandatés par l’ONU) est plus ambiguë et encore plus flexible". La vraie bataille va donc être de fixer les modalités techniques qui seront décidées dans les prochaines COP. 

 Les manques
 La référence au secteur de l’aviation. Elle a été retirée de l’Accord, sur la demande entre autres de Singapour. "Le manque de référence à l’aviation est dommage, mais d’autres processus de régulation sont en cours" commente Thomas Spencer de l’IDDRI.

Le prix du carbone. Il a été retiré de l’Accord aussi. Probablement une concession faite à l'Arabie saoudite et au Vénézuela. Mais cette absence dans le texte n’empêchera pas les marchés carbone-déjà en route- de voir le jour selon la carte qu'en a établi  Sciences et Avenir, ni la taxation du carbone de devenir une réalité économique pour les chefs d'entreprises.

Source: Avenir & Sciences

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