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Mme Cissé Aïssatou: "la formation des femmes doit être une priorité"

InterviewPublié le 16-03-2014 13h35

Selon Mme Cissé, le transport exige la même rigueur que n'importe quelle autre activité. Ph. Acturoutes

Le rêve d’une Côte d’Ivoire émergente à l’horizon 2020 ne se réalisera pas sans l’implication des femmes de plus en plus entreprenantes, selon la Directrice générale de la société Transport Pendis-CI. Dans un échange avec Acturoutes, et à la veille de la Journée internationale de la femme, Mme Cissé Aïssatou  explique qu’elles peuvent accéder à tous les métiers pourvu qu’elles y mettent la formation et la motivation.

Comment êtes-vous arrivée dans l’activité de transport?
Avant d’être dans le transport terrestre, j’ai exercé pendant 24 ans dans le transport aérien. Un secteur dans lequel j’ai beaucoup de plaisir à servir. Mon époux exerçant quant à lui dans le transport terrestre, nos champs d’activité étaient complémentaires. C’est ainsi qu’au fil du temps, j’ai eu l’amour du transport terrestre.

Comment faites-vous pour vous adapter à un milieu jugé rude, anarchique ?
Je ne suis pas vraiment d’accord quand on dit que le secteur du transport terrestre est rude. Tous les secteurs sont difficiles. Le plus important quand on veut y arriver est de mettre du sérieux dans ce qu’on fait. Il faut comprendre son activité, l’environnement. Quand tu ne comprends pas un secteur d’activité, tu ne peux pas y exercer. Il y a des formations qui sont mises en place pour apprendre. Il faut aussi maîtriser la communication qui est importante. Quand on a compris son activité, quand on y met du sérieux, de la volonté et qu’on se professionnalise, il n’y a pas de raison qu’on ne réussisse pas.

Le monde célèbre la journée de la femme. Que vous inspire ce rendez-vous ?
C’est une célébration qui est la bienvenue. Aujourd’hui, tout le monde reconnait le mérite de la femme, en tant que simple personne, chef d’entreprise ou la femme exerçant dans tous les niveaux de l’activité économique. C’est à nous de saisir cette occasion pour avoir plus de motivation. Cette journée va nous permettre de tirer les acquis de ce qu’on a fait et chercher à nous améliorer pour assurer un développement durable.

Comment cela se traduit-il dans votre entreprise ?
Dans mon entreprise, c’est d’abord la satisfaction due au mérite. J’ai été distinguée récemment au Salon Letagonin (Ndlr: Salon international de la femme battante à Abidjan).  C’est une motivation pour nous de savoir que nous exerçons dans un métier dit métier d’hommes. Encore que je n’accepte pas cette classification de métiers d’hommes et de femmes.  Aujourd’hui quand on parle de genre, c’est justement pour régler ces inégalités. Ce mérite doit nous permettre d’expliquer à nos jeunes sœurs qu’il faut se battre. Il faut que les femmes accèdent à tous les corps de métier. Il faut que nous soyons aux côtés des hommes pour évoluer de façon complémentaire.

Pensez-vous que la condition de la femme a évolué en Côte d’Ivoire ?
La condition de la femme a beaucoup évolué. Rien qu’à voir sur la scène politique. Les femmes sont présentes à environ 30% dans les institutions politiques. Dans le domaine économique également, il y a un bon pourcentage de femmes. Beaucoup de femmes évoluent encore dans l’informel. Mais par rapport à 4 ou 5 ans, les choses ont évolué. Les femmes ont conscience qu’on a besoin d’elles pour réussir les chantiers du développement pour une Côte d’Ivoire émergente et que leur mérite est reconnu. Et le président de la République (Alassane Ouattara) se bat pour insuffler aux femmes la responsabilité qu’elles ont à s’impliquer dans le développement de leur pays.

Comment peut-on appuyer un entrepreneuriat chez les femmes ?
Comme je le disais tantôt, il faut la formation. C’est important. C’est le pilier dans l’exercice de toute activité. La formation vous rend plus apte à gérer les difficultés liées à l’activité que vous menez. Moi j’ai appris la mécanique. Je sais à quel moment un chauffeur peut me parler de vidange pour un véhicule. Par la même occasion je m’imprègne des conditions de travail de mes employés. C’est tout un ensemble pour faire tourner l’entreprise.

La Première Dame, Dominique Ouattara, a initié un Fonds d’appui à la femme (FAFCI). Comment cette aide doit-elle être exécutée pour être plus efficace ?
Ce fonds a permis à plusieurs femmes de se prendre en charge. Donc, il est déjà efficace. Il n’y a pas de raison que ce ne soit pas efficace. A mesure du temps qui passe, le budget de ce fonds augmente.  C’est bon signe. Ceci montre que les femmes appréhendent mieux la responsabilité qui est la leur dans le développement du pays. Le fonds est bienvenu. Nous profitions de la page d’Acturoutes pour remercier la Première Dame qui est un modèle pour nous. Une femme de valeur qui a beaucoup d’amour pour son pays. Car pour créer un fonds comme le FAFCI il faut avoir de l’amour pour ses sœurs, pour ses filles. C’est donc à nous de mériter cet amour. Cela, en étant capable de rembourser ce fonds et en créant des emplois durables.

Pensez-vous qu’il y a un avantage à être femme dans votre milieu ?
Etre femme est déjà un avantage en tant que tel.  La femme est la préférée du bon Dieu, comme on dit. La femme, c’est l’amour, la patience. La femme c’est le don de soi. Quoi qu’il en soit, c’est un avantage d’être femme.

Le ministère des transports a mis sur pied le Centre de gestion intégrée. Quelle est votre appréciation de ce centre ?
Le Centre intégré est le bienvenu dans la mesure où il va permettre d’éviter toutes les tracasseries administratives dans le secteur des transports. Je me réjouis de cette initiative du ministre (Ndlr: Gaoussou Touré) qui va dans le sens de la modernisation et de la professionnalisation des transports qu’il a toujours prônées et pour lesquelles il mène des actions sur le terrain. Il est préférable que tous ces documents soient gérés par un guichet unique. Ce sera à l’avantage de tous les transporteurs.

Le gouvernement dans la politique de sécurité routière a interdit le téléphone au volant. Comment cette mesure est-elle appliquée dans votre entreprise ?
Avant même qu’il y ait cette loi, nous avions déjà donné instruction à nos conducteurs de ne jamais décrocher le téléphone portable au volant. On sait bien que quand on est en communication, on est distrait. On n’a plus la maîtrise de l’engin qu’on conduit. Or la conduite exige qu’on soit présent de corps et d’esprit. Quand on n’est pas concentré sur la route, on n’est pas apte à réagir face à un incident. L’interdiction du téléphone au volant est une décision tout à fait normale que comprendrait toute personne consciente. Il y va de la sécurité du conducteur mais aussi de celle des passagers qu’il transporte.

Que pouvez-vous dire aux femmes qui nous lisent ?
J’aimerais dire à mes sœurs qu’elles ne doivent pas se faire de complexe et qu’elles peuvent accéder à tous les postes d’activité et de responsabilité. Il n’y a pas d’emploi réservé à un homme ou à une femme. Nous avons la possibilité d’apprendre aux côtés des hommes et d’être complémentaires. N’hésitez pas, chers sœurs ! Engagez vous, battez-vous ! Le combat pour une Côte d’Ivoire émergente commence dès maintenant.

Interview réalisée par
Célestin KOUADIO
c.kouadio@acturoutes.info

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