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M. Ya Emile: "les visites techniques en hausse de 6% à la SICTA"

InterviewPublié le 27-02-2014 12h00

Pour le DG de la SICTA, le plus dur est de ramener les automobilistes à un respect strict du code de la route

Si on ne s’en tient qu’aux chiffres des visites techniques automobiles effectuées en 2013 et livrés par le Directeur général de la Société ivoirienne de contrôles techniques automobiles et industriels (SICTA, filiale du Groupe SGS), les usagers de la route ont de quoi être rassurés. Mais M. Ya Emile préconise que le suivi du contrôle des véhicules soit permanent sur les routes. « Il y va de la sécurité de tous ».

Il y a un an, la SICTA a été désignée pour exécuter la dématérialisation de la vignette auto. Rappelez-nous en deux mots votre mission dans cette opération.
Par l’article 22 de l’annexe fiscale à l’ordonnance 2011- 480du 28 décembre 2011 portant budget de l’Etat pour la gestion 2012, la SICTA a été agréé par la Direction générale des impôts (DGI) pour collecter les vignettes sur toute l’étendue du territoire nationale. Donc sur cette opération, nous travaillons uniquement pour le compte de la DGI.

Comment vont les choses sur le terrain ?
Voici un an que nous sommes sur le terrain et ça se passe bien. Je pense que d’autres voix plus indiquées,en occurrence la DGI, pourront vous donner des détails chiffrés sur ce que j’avance. Concernant le rôle de la SICTA, la DGI a déjà marqué sa satisfaction quant à notre prestation dans l’exécution de ce projet comptant pour l’année fiscale 2013.

Au niveau des prestations de la SICTA, quel est le bilan de l’année 2013 ?
Pour l’année 2013, la SICTA a effectué 450 mille contrôles (visites techniques et revisites) et 37 386 véhicules pour le Contrôle et identification des véhicules importés d’occasion (CIVIO). Concernant la sécurisation  des plaques et cartes grises, au Guichet unique, nous avons réalisé 68 922 sécurisations et 50 593 poses de plaques. Pour les opérations post  (mutation, perte de plaque): 66 487 sécurisations 16 148 plaques. A cela s’ajoutent 433 jaugeages 111 barèmages. Les chiffres sont en hausse. Car, en 2012, on était à 425 000 contrôles. On a donc une hausse de 6 %.

L’an dernier vous estimiez à 40% le taux de véhicules qui ne viennent pas à la visite. Qu’en est-il aujourd’hui ?
On a repris une enquête de couverture qui va nous situer sur cette préoccupation dans les prochains mois. Il faut savoir que tous les ans, il y a une pointe de 8 à 9% de véhicules importés qui viennent se greffer au parc. Mais il y a aussi des véhicules qui sortent du parc. Qu’on ne peut pas chiffrer. En principe l’usager qui se débarrasse de son véhicule doit déposer sa carte grise à la Direction générale des transports terrestres (DGTTC). Ce qui n’est pas toujours fait. Donc nous pouvons aujourd’hui savoir combien de véhicules entrent, mais il est difficile de déterminer le nombre qui sort du circuit. (…) Concernant ces usagers qui fuient la visite technique. Cela demande que les forces de l’ordre soient toujours présentes afin de les décourager. On voit sur le terrain des véhicules qui circulent dans un état délabré. Il faut des agents de police pour interpeller ces usagers, pour la sécurité de tous.

Quelle est votre impression sur l’état de la sécurité routière en Côte d’Ivoire ?
Elle n’est pas bonne. Je ne dirai pas qu’elle est catastrophique, mais elle est mauvaise. La SICTA a participé récemment à la campagne sur l’autoroute du nord avec l’Office de sécurité routière (OSER) et la gendarmerie. Nous devions procéder au contrôle systématique des véhicules flashés par les radars. La SICTA vérifie l’authenticité du certificat de visite technique. On procède également à la vérification des pneumatiques. La pneumatique est le danger permanent sur l’autoroute. C’est la pneumatique qui joue le rôle de liaison au sol. La route précède le développement, comme on dit. Mais certains utilisent leurs véhicules à des vitesses excessives. Sur la première section de l’autoroute du nord (Abidjan-Singrobo), la vitesse est limitée à 120km/h et à 110 km/h sur la seconde section (Singrobo-Yamoussoukro). Mais certains veulent boucler Abidjan-Yamoussoukro en une heure. C’est de l’inconscience. Nous avons surpris des Massa (minicars de transport en commun) roulant à 165km/h. Ces véhicules ont 18 personnes à bord. Si un pneu éclate, c’est la catastrophe.

Que répondez-vous à ceux qui souhaitent qu’on durcisse la visite technique ?
Compte tenu des appareils sophistiqués que nous utilisons, certains usagers jugent que la visite  technique est au-delà de ce qu’ils souhaitaient. Car nous sommes au même diapason que certains pays développés. Nous sommes un pays émergent mais nous utilisons déjà des appareils Euro-systèmes qui déterminent eux-mêmes la valeur de la défectuosité au moment du passage et qui la transmettent automatiquement en fin de ligne. Le problème est que dans les pays développés, les forces de l’ordre assurent la continuité du contrôle pour le véhicule qui sort d’une visite technique. Ici, l’usager vient à la visite avec des pneus en bon état. Une fois la visite effectuée, il monte des pneus en mauvais état sur son engin. Sur l’autoroute du nord, 70% des véhicules flashés par les radars ont des pneus défectueux. Des pneus lisses ou retaillés. On ne doit pas retailler ou re-sculpter la bande de roulement d’un pneu. En le faisant, vous réduisez l’épaisseur de la gomme et le pneu est assujetti à l’éclatement. C’est ce qui se passe sur l’autoroute du nord.Il y a trois facteurs de risques d’accidents:l’homme, la route et le véhicule. Si la route et le véhicule sont en bon état, c’est donc sur l’homme qu’il faut agir. Si l’homme respecte les règles élémentaires du code de la route, on pourra sauver des vies en Côte d’Ivoire.

Où en sommes-nous avec l’automatisation des sites de visite technique et  leur extension sur l’ensemble du territoire national ?
A ma prise de fonction, la SICTA était à 12 stations permanentes et 30 stations périodiques sur l’ensemble du territoire. Mais la moitié de ces stations périodiques avaient été pillées. Le ministre des transports, Gaoussou Touré, a souhaité qu’on les réhabilite. Ce qui a été fait. La dernière station rénovée est celle de Tengrela. Pour le dernier semestre, on vient de réhabiliter équiper et automatiser les stations de Bondoukou, Dabou et Soubré qui viennent rejoindre les 15 autres stations qui ont été refaites dans le courant de l’année précédente. Nous sommes donc à 18 stations permanentes qui sont dans le système informatisé et  automatisé pour 30 stations périodiques. On va plus loin dans l’informatisation et l’harmonisation de nos stations de contrôle. Nous avons acquis 3 bancs mobiles qui sont dans la même configuration qu’une station permanente. C’est le copier-coller des stations permanentes. Nous avons constaté que certains usagers s‘orientaient vers les centres périodiques où le freinage est dynamique, en évitant les centres équipés d’appareils Euro-système pour les visites techniques. Les équipes mobiles dans ces localités vont déployer ces bancs pour faire les contrôles textuellement comme dans les stations permanentes.

Avec tous ces équipements, ce déploiement à l’intérieur du pays, on a quand même des véhicules en mauvais état sur nos routes. Comment expliquez-vous cela ?
Quand je tombe sur un véhicule en mauvais état, je relève sa plaque d’immatriculation pour ensuite effectuer un contrôle dans ma base de données. Je constate alors que ce véhicule n’est pas enregistré dans nos fichiers. Donc il n’a pas de visite technique et ne devait pas emprunter la voie ouverte à la circulation routière. Il y a aussi des véhicules qui disposent de certificats de visite falsifiés. Il n’y a que 20% des usagers lors des visites techniques qui sont les propriétaires des voitures. Dans la majeure partie des cas, ce sont les chauffeurs, mécaniciens ou autres intermédiaires qui apportent le véhicule à la visite. Nous sommes actuellement à la phase expérimentale d’un système pour interroger par SMS et permettre au propriétaire de vérifier si son véhicule est effectivement passé à la SICTA. On pourra alors savoir sur le certificat de visite est authentique et cela devrait décourager les faussaires.

Comptez-vous aussi aider la police à améliorer les contrôles ?
A chaque fois que l’occasion s’est présentée, on procède à des sensibilisations à l’intérieur du pays. Mais il faut reconnaitre qu’il y a des véhicules à l’intérieur des localités qui exercent le transport dans des confins très reculés et qui n’arrivent jamais chez nous. On n’a pas besoin d’être technicien pour remarquer un pneu qui est lisse, un phare qui est cassé, un pare-brise fissuré. Pour la sécurité de tous, un véhicule pareil doit être arrêté et ses pièces réclamées. On peut aller plus loin pour voir si le certificat de visite présenté correspond à celui du véhicule.

Il est de plus en plus question de la libéralisation de la visite. Comment appréhendez-vous cette échéance ?
Tout évolue dans la vie. La visite technique va être libéralisée un jour. Il faut s’attendre à cette réalité. A partir du moment où nous visons l’émergence à l’horizon 2020,  vous comprenez que la libéralisation va s’imposer à nous. On en est déjà arrivé dans certains domaines. Déjà, nous nous attelons à exécuter de façon correcte la mission qui nous est assignée pour sauver des vies humaines et satisfaire l’Etat ivoirien. Mais quand viendra la libéralisation, nous allons nous adapter. Nous sommes prêts.

Aujourd’hui, qu’est-ce qui manque à la SICTA pour être à 100% de ses performances ?
Sur le terrain, nous souhaitons que les véhicules qui empruntent les voies rouvertes à la circulation routière soient dans un état d’entretien satisfaisant et qu’ils aient effectué la visite technique. Avec le couplement de la visite et la vignette il faut recouvrir un taux de 100% pour l’Etat. Il est donc de notre ressort, avec la police, de faire en sorte que tous les véhicules en circulation viennent à la visite technique pour savoir dans quel état ils se trouvent. Je répète que la vie que vous sauvez en faisant la visite technique peut-être aussi la vôtre.

Entretien réalisé par
Célestin KOUADIO
c.kouadio@acturoutes.info

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