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Touré Almamy: "des personnes se sucrent sur le dos des transporteurs"

InterviewPublié le 05-08-2013 16h30

Le président du GIEPVTRCI estime que les taxes freinent la professionnalisation du secteur d'activité

M. Touré Almamy au nom du Groupement d’intérêt économique des propriétaires de véhicules de transport routier (GIEPVTRCI) qu’il préside dit non aux taxations qui étouffent de plus en plus les transporteurs. La dernière illustration de ce joug fiscal est la taxe de «publicité mobile» réclamée par le District d’Abidjan. « Une taxe de plus », une taxe de trop, fait-il comprendre dans cet entretien avec Acturoutes.

Depuis quelques jours le GIE se plaint d’une nouvelle taxe imposée par le District d’Abidjan. De quoi s’agit-il ?
Il s’agit d’une taxe dite de « publicité mobile ». Une de plus, car au District, nous payons déjà une multitude des taxes: la carte de stationnement, la taxe de stationnement, l’occupation du domaine public (ODP)…et ces taxes sont prélevées dans presque toutes les communes.  Autrement dit, la même taxe que vous avez payée dans une commune est renouvelée dans une autre. Le transporteur est devenu le payeur sans limite. Chacun y va de ses astuces en interprétant les textes. Il est tout à fait normal qu’il y ait une taxe sur la publicité mobile. Mais, à quoi correspond-elle en réalité? Est-ce qu’on doit  taxer un transporteur parce qu’il a simplement inscrit un nom sur ses cars?

Nos sources au District disent que cette taxe existe depuis longtemps. Pourquoi vous plaignez-vous aujourd’hui?
Ils vous ont sûrement dit qu’elle existe depuis 1958. Mais nous ne l’avions jamais payée avant. En réalité, quand une compagnie de transport met des encarts publicitaires sur ses véhicules elle doit payer cette taxe de publicité. Mais, ce à quoi nous nous opposons c’est qu’on nous impose une taxe pour avoir inscrit le nom de la compagnie sur un car. Et les agents du District établissent des calculs dont ils sont les seuls à mesurer les contours et sur la base desquels ils nous fixent des montants.

Que vous ont expliqué les autorités au District, pour justifier cette décision ?
En fait, nous n’avons pas été associés à cette décision. Nous avons juste constaté que certains de nos membres ont été interpelés, à plusieurs reprises. Certains ont reçu des factures exorbitantes, c’est-à-dire 95 millions francs Cfa à solder dans un délai de 10 jours. Sinon, ils sont menacés de pénalité à 200% soit près de 300 millions de francs Cfa. Nous n’avons pas rencontré le Gouverneur de District. Nous avons échangé avec le Service technique pour comprendre. Nous leur avons signifié que cette taxe ne nous convenait pas et que nous n’étions pas concernés d’autant que nous n’en voyons pas le bien fondé. C’est à ce moment qu’on nous a dit que ce texte existe depuis 1958. Selon les agents, nous aurions dû payer depuis longtemps et c’est faute de quoi ils nous encaissent aujourd’hui. Nous répétons que nous ne sommes pas concernés par cette taxe.

Que comptez-vous faire à présent?
Nous ne nous sentons pas concernés par cette taxe parce que nous ne faisons pas de publicité. Nous n’allons pas la payer. Car nous estimons que nous payons déjà trop, sans aucune contrepartie de la part du District. Rendez-vous compte: nous avons des domaines qui nous été attribués à Abidjan (ODP), des espaces sur lesquels nous construisons nos gares routières. Mais malgré cela, nous payons pour chaque véhicule une carte de stationnement. Mais qu’est-ce qu’on gagne en retour? Rien, aucune gare, aucun air de stationnement. En cas de panne sur la route, la SOAD (Ndlr : Société de dépannage) vient remorquer votre véhicule avec une amende de 300 mille francs Cfa. A quoi sert alors la taxe de stationnement? Nous nous sommes élevés depuis longtemps depuis cette taxe (..). On se sucre sur le dos des transporteurs. Nous voulons faire comprendre aux autorités que c’est un secteur d’activité qui est surtaxé. Et à force, on va finir par tuer toutes les entreprises de transport. De nombreuses entreprises ont déjà disparu à cause de cette multitude de taxes et impôts. Un transporteur qui est dans l’informel ne paie que la patente pour son véhicule. Ce sont les acteurs qui veulent entrer dans le formel qui subissent les taxes imposées dans le cadre de la constitution d’une entreprise. Mais au-délà, l’entreprise de transport paie toutes les taxes que j’avais décriées en amont : carte de stationnement, carte de transport etc.

Etes-vous en train de nous dire que l’environnement n’est pas favorable à la professionnalisation ?
Tout à fait, car quand vous vous constituez en société, vous payez dix fois plus de taxes que celui qui est dans l’informel. C’est à croire qu’on veut inciter les acteurs à demeurer dans l’informel. Il y a des choses à revoir à ce niveau.

Le ministre a institué le Haut  Conseil du Patronat des Entreprises de Transports (HCPETR-CI). Qu’en pensez-vous?  
 Il est clair que si on veut sortir de l’informel, il faut que ces multiples structures se regroupent. C’est pourquoi l’idée d’une fédération est louable. Encore faut-il que chacun se retrouve dans cette fédération. Le Haut conseil est crée, on essaie de voir ce que ça va donner concrètement. Nous sommes au sein du Haut conseil pour montrer notre adhésion à la politique de modernisation des transports. Mais on a aussi des attentes c’est-à-dire une professionnalisation des transports. Que cette multitude d’organisations parallèles qui inquiètent les transporteurs prennent fin et qu’on ait un cadre légal dans lequel tous ces jeunes auxiliaires vont être employés de façon régulière, rémunérés avec un plan de carrière et intégrés dans le tissus économique. Pour l’instant, le Haut conseil n’est pas formellement mis en place. Il est en création.  

Une nouvelle gare routière internationale sera construite à Abidjan. Comment doit-elle fonctionner d’après vous?
Nous avons été informés du projet. Mais nous n’avons pas participé aux travaux. Nous souhaitons être associés aux discussions pour la gestion pour que nous donnions notre avis par rapport à la clientèle, et à nos véhicules. C’est nous les utilisateurs de cette gare. Nous sommes à la pose de la première pierre. C’est une première étape. Nous pensons que l’heure viendra où nous serons appelés à la discussion pour la prise en compte de nos besoins.

Le Comment avance le projet interne du GIEPVTRCI concernant le renouvellement du parc auto?
Le projet avance très bien, nous avons des accords de partenariats avec des concessionnaires et  des accords de financement. Il s’agit de gros projets qu’on ne met pas en place du jour au lendemain. On a des partenaires locaux et extérieurs. Avec les chinois, des accords ont été signés. Une délégation était ici tout comme nous sommes allés en Chine. Nous comptons jouer un rôle beaucoup plus important, car nous avons des idées. Cela dit, nous sommes associés aux commissions de travail au ministère des transports par rapport au renouvellement du parc auto et à la modernisation du secteur d'activité. 

Interview réalisée par
Célestin KOUADIO
c.kouadio@acturoutes.info

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