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Pascal Chinazor: "nous démarrons à Abidjan avec 1100 bus électriques"

InterviewPublié le 25-06-2013 09h55

Le représentant en Afrique de l'ouest du groupe Zonda. Photo DR

La configuration du système des transports en Côte d’Ivoire pourrait se transformer avec l’arrivée d’un nouvel acteur: Zonda Afrique. Le groupe compte injecter des bus électriques dans le circuit abidjanais. Première étape d’un vaste projet destiné à accompagner la modernisation du secteur, comme l’explique à Acturoutes, le premier responsable du groupe en Afrique de l’ouest, Pasteur Chinazor Paschal.

Quelle est l’activité de Zonda Afrique de l’Ouest ?
Zonda Afrique est une société de transport urbain, inter-urbain et inter-Etats. Nous sommes connus mondialement. Et nous sommes spécialisés dans la fabrication de bus électriques, des bus à gaz naturel et des bus diesels. Mais nous mettons l’accent sur les bus électriques, car c’est une exigence de la modernisation. Nous fabriquons nos propres autobus. Nous en vendons et nous en mettons à la disposition des autres populations. C’est ce que nous allons commencer en Côte d’ivoire.  

Quel est l’avantage des bus électriques?
Pour comprendre cet avantage, considérons qu’on vous offre 1000 bus fonctionnant avec du carburant ordinaire. L’entretien de ces autobus va vous coûter annuellement 2,8 milliards de dollars Mais avec 1000 bus électriques, vous ne dépenserez que 700 millions de dollars.

Est-ce vrai que vous avez été sollicités pour le plan de renouvellement du parc automobile initié par le ministre des transports ?
Effectivement, nous sommes partants pour ce programme élaboré par le président de la république Alassane Ouattara et le ministre d’Etat, ministre des transports, Gaoussou Touré. C’est un projet qui rencontre notre entière adhésion et qui nous va droit au cœur. Nous sommes prêts à faire de notre mieux pour accompagner l’Etat dans son plan de développement. Le ministre souhaiterait donner l’opportunité à toute personne qui veut aider le pays. Le président Ouattara recherche des investisseurs fiables. L’une dans l‘autre, ces ambitions sont très attrayantes pour nous.

Qu’allez-vous apporter concrètement ?
Nous voulons apporter des bus électriques en Côte d’Ivoire, si possible des bus à gaz naturel, selon les besoins des acquéreurs. Mais nous voulons développer une politique de vulgarisation autour du bus électrique parce qu’il s’agit de moderniser les transports. (…) Il y a beaucoup de bouchons, à Abidjan, qui empêchent les travailleurs d’être  à l’heure au service. Ceci parce que chacun veut conduire sa propre voiture. Mais si vous avez des bus confortables, bien entretenus, c’est comme si vous êtes dans votre propre bureau. Et vous pouvez commencer à traiter des dossiers à partir du bus. Ainsi, tout le monde pourrait abandonner le véhicule à  la maison pour emprunter le bus. Ça va réduire les embouteillages et les accidents.

Ce bus correspondent-ils aux réalités de la circulation à Abidjan ?
C’est vrai  que les routes à Abidjan ne sont pas en bon état, mais nous comptons aider également l’Etat à réhabiliter des routes et à construire de nouvelles que nous exploiterons. Cela serait possible à travers un type de contrat qui nous apporte des réductions sur les taxes. Comme je l’ai dit, nous fabriquons des bus et nous avons la possibilité de vendre des engins aux Ivoiriens à crédit via des structures crédibles

Avec combien d’engins comptez-vous commencer ?
Si tout va bien, nous allons démarrer avec 1100 bus avant la fin de cette année. Nous avons un plan dans le futur pour le montage des engins. Mais pour l’instant nous avons fait venir 1100 bus pour accompagner les Ivoiriens dans le transport urbain et interurbain.

Qu’est-ce que cela représente en termes d’emplois ?
Nous avons effectivement l’ambition d’appuyer l’Etat en apportant du travail aux jeunes et aux femmes du pays. Dans ce sens, nous prévoyons à travers notre projet 70 000 emplois indirects et 7000 à 10 000 emplois directs avant la fin de l’année.

Il y a eu d’autres projets de ce genre signés avec les autorités et qui n’ont pas abouti. Qu’est-ce qui est différent avec vous ?
Nous sommes confiants parce que nous fabriquons les véhicules. C’est essentiel. C’est la grande différence entre nous et les autres. Nous sommes plus crédibles. N’oubliez pas que Zonda est une marque présente en Chine aux USA, en Allemagne...

Êtes-vous sûr de faire une bonne affaire ?
Nous savons, selon nos études de marchés, que la Côte d’Ivoire, locomotive de l’Afrique de l’Ouest, est une plaque tournante à partir de laquelle va se moderniser le système de transports dans la sous-région. C’est déjà un motif encourageant et une source de satisfaction, sur le plan économique en tout cas.

Ferez-vous du transport urbain comme le fait la SOTRA ?
Je vois où vous voulez en venir à travers cette question. Je rappelle que nous sommes en tandem avec la SOTRA et avec tous les autres acteurs des transports.  Nous ne venons pas pour imposer ni pour concurrencer. Nous venons pour apporter notre savoir-faire, pour éduquer, pour transformer et pour accompagner l’Etat dans les projets l’amélioration des conditions de vie des Ivoiriens 

Avant la Côte d’Ivoire, où avez vous exécuté ce genre de projets ?
Les Bus Zonda sont partout dans le monde, en Jordanie, en Egypte, en Algérie...

Au plan sécuritaire, s’agit-il d’engins fiables ?
Nos autobus sont neufs, totalement fiables.

A part cela, quels sont vos autres projets ? Le transport lagunaire par exemple…
Pour l’instant le transport lagunaire n’est pas à l’ordre du jour. Pour l’heure, nous voulons mettre l’accent sur les bus électriques et les taxis. Nous voulons offrir aux chauffeurs qui en rêvent l’opportunité d’avoir leurs propres taxis. Il s’agit d’un système de prêt qui rétrocède le taxi au chauffeur après 2 ans d’exploitation.

Qu’est-ce que l’usager gagne à rouler dans un bus Zonda ?
A bord d’un bus Zonda, on aura les mêmes prix que la SOTRA. Mais avec des engins hautement confortables, disposant de la climatisation, avec Wifi interne, la sécurité interne et externe en tandem avec la police. Nous avons rencontré récemment les autorités policières pour jeter les bases de cette collaboration. Nous avons aussi discuté avec le Directeur de cabinet du ministre des infrastructures économiques pour dire ce que nous pouvons faire dans la construction des routes. Nous sommes partants pour améliorer le quotidien des Ivoiriens.

 A quand les premiers bus ?
Je ne vais pas entrer dans le fétichisme des dates. Mais je vous rassure qu’on a déjà un terrain de 65 ha à Abidjan que nous allons présenter au ministre des transports. Nous remettrons bientôt officiellement le chèque aux propriétaires terriens. Nous avons commencé à construire le dépôt de Zonda en Côte d’Ivoire. Les autres étapes suivront. En tout cas, tout sera fait avant la fin de l’année.

Interview réalisée par
Célestin KOUADIO
c.kouadio@acturoutes.info

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