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Autoroute du nord: une histoire, un rêve long de 230km

Gros PlanPublié le 23-12-2013 11h05

L'autoroute doit être prolongée jusqu'à la frontière nord du pays. Photo DR

Au terme d’une tournée de quatre jours dans la région du Bélier et dans le District de Yamoussoukro, le président Alassane Ouattara a regagné Abidjan par la route, samedi 14 décembre 2013. Dans tout le confort et la sécurité qu’offre l’autoroute du nord. Un parcours long de 230km y compris la section Singrobo-Yamoussoukro que le chef de l’Etat a lui-même livré à la circulation le lendemain de son arrivée dans la capitale politique et administrative.

Houphouët a pensé, Gbagbo a commencé, ADO a terminé
Alassane Ouattara venait de donner forme à un rêve vieux de plus de 30 ans. Celui du premier président Houphouët-Boigny qui a bâti la première section de l’autoroute du nord entre Abidjan et Singrobo.

L’idée était née de la vision futuriste du père-fondateur de la nation ivoirienne qui avait une claire conscience du rôle moteur que jouerait la Côte d’Ivoire dans la sous-région et qui voulait que les performances économiques inondent les Etats voisins par la facilité des échanges et du commerce.
Mais c'est sous le régime du président Laurent Gbagbo, en 2007, que les travaux ont effectivement démarré. Comme le praphrasent les Abidjanais, « Houphouët a pensé. C'est Gbagbo qui a commencé. ADO a terminé ».

Lors de l’inauguration de la section menant à Yamoussoukro, Alassane Ouattara Alassane Ouattara a souligné que c’est l’un des rares projets que le président Félix Houphouët-Boigny n’a pu achever avant de mourir. Mais l’héritage est entier et il fallait aller plus loin pour ses successeurs. 

« L’autoroute représente un élément déterminant pour le désenclavement des régions du nord et du centre par la facilitation des échanges.(…). C’est un signe d’espoir d’une côte d’ivoire ambitieuse qui a pris son envol », a ainsi fait comprendre Alassane Ouattara qui a insisté sur la sécurité et le confort de circulation désormais retrouvés sur la voie.

Une plate-forme routière hautement sécurisée
Aujourd’hui, donc, le réseau routier ivoirien compte, d’après ses termes, de « l’une des meilleures plateformes de la sous-région », vu le dispositif dont elle est équipée et que le président a pris plaisir à visiter au Centre de secours de N’Zianouan. Un système de vidéosurveillance 24h/24h qui permet de détecter le moindre incident sur toute la longueur de l’autoroute et même au-delà. Des ambulances d’interventions servant de relai à intervalles de 20km. A cela s’ajoutent des radars de contrôle pour les automobilistes, des équipes de gendarmerie et de police, permettant de résoudre la question sécuritaire mise en péril par les coupeurs de route. 

Le président Alassane Ouattara s’est également montré particulièrement reconnaissant envers la coordination de bailleurs de fonds arabes qui a appuyé le projet. Un bon exemple de coopération sud-sud.

«Le Fonds Saoudien, la Banque Islamique de Développement, le Fonds de l’OPEP, le Fonds Koweitien et la Banque Arabe du Développement Economique de l’Afrique (qui) ont compris les vrais enjeux de développement que représentait cette infrastructure », a-t-il dit.

Le projet finalisé à plus de 136 milliards de FCFA a été financé à 42% par l’Etat ivoirien qui a du supporter un surcoût de 30 milliards, selon le ministre des infrastructures économiques, Patrick Achi.  La coordination des bailleurs de fonds arabes a apporté 43%, le reste des contributions étant supporté par d’autres partenaires multilatéraux.

« Il serait bien dommage de s’arrêter en si bon chemin », a fait remarquer le président Ouattara. Ces financiers arabes sont d’ailleurs attendus pour poursuivre la route du développement notamment sur le prochain chantier de prolongement de la voie express jusqu’à Bouaké et sur le projet de l’autoroute Abidjan-Lagos.

Le prolongement de l’autoroute jusqu’à Yamoussoukro, un tronçon de 87km de 2X2 voies a été réalisé par la SOROUBAT, une entreprise tunisienne également félicitée pour « la qualité du travail effectuée ».

Le DG de la Banque Arabe du Développement Economique de l’Afrique (BADEA), Abdelaziz Khelef au nom de la coordination des fonds arabes a souligné l’enjeu qui a motivé l’appui des institutions à la réalisation de l’ouvrage. « Un rôle catalyseur pour amorcer le processus de développement », a-t-il indiqué.

L’autoroute Singrobo-Yamoussoukro, livrée ce mercredi, n’est pas qu’un bout de l’autoroute du nord. Mais la concrétisation des grands projets d’infrastructures nationales et sous-régionales désormais à portée de main, comme l’a signifié le président Ouattara.

Le chef de l’Etat a en effet rappelé que l’autoroute du nord atteindra bientôt Bouaké dans le cadre d’un vaste projet de connexion autoroutière allant jusqu’à Ouagadougou (Burkina Faso). 

« Dès l’année prochaine, notre objectif est d’entamer le prolongement de cette autoroute. Nous allons démarrer la section Yamoussoukro-Bouaké. Ceci dans le cadre du grand projet d’autoroutier d’intégration jusqu’à Ouagadougou », a-t-il fait savoir. 

Une aventure cahoteuse 
 Il faudra cette fois trouver un système de financement plus dynamique que celui a prévalu jusque-là et qui est l’origine du retard dans la livraison de l’ouvrage. Prévu pour être livré en 2009, soit 2 ans après la pose de la première pierre, le chantier a connu de sérieuses interruptions de travaux faute de liquidité. La crise postélectorale de 2010-2011a fait le reste. La facture impayée de l’Etat ivoirien était estimée à 17 milliards en 2011, d’après la Direction de SOROUBAT.

Entre temps, des populations villageoises riveraines ont, à maintes reprises, bloqué les machines pour réclamer le paiement des dommages et droits coutumiers dus par l’Etat dans le cadre du projet. A ces difficultés contextuelles s’ajoutent les obstacles techniques, selon l’un des ingénieurs présents sur le chantier, notamment la texture du sol comportant à certains endroits des sédiments vaseux. Obstacle finalement surmontés au prix d’un  allongement de la facture et des délais des travaux. Après les rendez-vous du dernier trimestre 2009, ensuite de 2012, non tenus, l’autoroute est finalement ouverte à la veille de 2014.

Le ministre des infrastructures économiques, Patrick Achi, témoin privilégie de cette aventure, a confié que « c’est en quelque sorte une partie (de ma) vie ».

Célestin KOUADIO
c.kouadio@acturoutes.info

Koné KPARATIOGO
k.kone@acturoutes.info

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