Direct Trafic | Le trafic routier en Direct
fermer réduire agrandir

Le Signal

  • France: grève générale ce jeudi pour dénoncer la réforme des retraites
  • France: les transports paralysés, l'activité économique à l'arrêt
  • France: des marches organisées dans plusieurs villes
  • France: la SNCF annonce de nouvelles perturbations du service vendredi
  • Transport urbain: Uber lance ses services à Abidjan
  • Sécurité routière: la police spéciale officiellement mise en service
  • Maroc: 17 morts dans un accident d'autobus à Taza (Nord)
  • Tunisie: un autocar a chuté dans un ravin, 26 morts
  • France: 3 secouristes tués dans le crash d'un hélicoptère sur la Côte d'Azur
  • Katiola: 22 véhicules neufs remis aux transporteurs de la région par le FDTR

Baffah Koné: "les sanctions seront plus sévères contre les auteurs d'accident"

ActualitéPublié le 02-12-2019 15h27

Le DG de l'OSER affirme qu'aucun automobiliste ne doit se sentir au-dessus de la loi. Ph. d'archives

Comme d’autres pays sur le continent, la Côte d’Ivoire a consacré le dimanche 17 novembre à la 8e Journée africaine de sécurité routière. A Abidjan, des prières ont été dites à la mosquée des II Plateaux-Aghien et l’église des Assemblées de Dieu à Yopougon. Le Directeur général de l’Office de sécurité routière (OSER), Baffah Koné, explique à Acturoutes que l’Etat ne va pas s’arrêter à des vœux pieux contre les mauvais conducteurs.

Vous avez participé à la grande prière (du vendredi 15 novembre) qui a spécialement ouvert une lucarne sur la question de la sécurité routière. Que pouvons-nous retenir du sermon de l’imam ?
Nous sommes venus solliciter des prières pour les victimes des accidents et célébrer en même temps la Journée africaine  de la sécurité routière. L’imam  a situé la responsabilité des conducteurs. Quand on décide d’être conducteur, on se forme à la conduite.  Une fois qu’on a un permis, on a la responsabilité de sauver sa vie et de sauver celle des autres. Il a dénoncé l’exploitation du véhicule sans tenir compte de l’état de fatigue du conducteur soumis à un rythme intenable. Par ailleurs, il faut que le véhicule soit régulièrement contrôlé pour qu’il soit en bon état de marche. La responsabilité de l’Etat dans le contrôle du cadre réglementaire sur la route a aussi été notée. Nous allons vers le permis à points qui existe déjà en Europe. Le principe est qu’on retire des points au détenteur du permis, en fonction des infractions commises de sorte que la prime d’assurance est proportionnellement plus élevée pour celui qui a des points en moins. L’imam est aussi revenu sur le cas de conducteurs qui s’adonnent à l’alcool et à la drogue pour maintenir le rythme d’exploitation et qui causent de graves accidents. Il a aussi recommandé que des dispositions soient prises pour améliorer les conditions d’obtention du permis de conduire. Aujourd’hui dans le cadre de la réforme initiée par le ministère des transports, nous allons vers la vidéo-verbalisation. Tous nos comportements sur la route sont filmés et transmis à une équipe de policiers. En cas d’infraction, les amendes sont transmises au conducteur.

Après la mosquée, vous c’est l’église des Assemblée de Dieu. Pourquoi avez-vous choisi les lieux de culte pour de message de sensibilisation?
L’Etat de Côte d’Ivoire fait beaucoup pour former, pour sensibiliser et va même jusqu’à la répression. Le facteur humain est très accentué dans les accidents, soit plus de 95%. L’homme est une créature de Dieu. Même quand il est bien formé, en possession de toutes ses facultés et dans de bonnes dispositions, il faut Dieu pour le guider à la bonne conduite.

Dans le même temps, le gouvernement a élaboré un projet de loi qui renforce le pouvoir du juge face aux auteurs d’accidents de la route? Pouvez-vous nous éclairer sur ce texte?
Aujourd’hui, nous sommes face à des cas où on délivre une amende de 1000 ou 2000 FCFA à des auteurs d’infraction. J’avoue que ça ne résout pas le problème. Nous envisageons relever le montant des amendes. Vous êtes informé des activités de la Commission de suspension du permis de conduire. Des sanctions sévères sont prises qui vont jusqu’au retrait définitif du permis. Mais quand l’affaire arrive devant un tribunal, il n’y a aucun cadre réglementaire qui permet au juge de décider de la sanction. Donc le gouvernement a renforcé le pouvoir des juges à apprécier la gravité de l’acte. Récemment à Aniassué (Agnibilékrou), un car a fait 18 morts dans un accident. Le chauffeur, blessé. Le procureur a demandé qu’on arrête le propriétaire parce qu’il est avéré que la compagnie a fait trois accidents successifs qui ont fait 30 morts dans un intervalle de 3 ans. On est tenté de dire que le propriétaire n’est pas responsable, parce qu’il n’était pas dans le véhicule. En réalité, si on ne prend pas de décision  vis-à-vis de celui qui est en partie responsable, ce dernier peut se prendre pour un super homme au-dessus de la loi.

En d’autres termes, on transforme un fait accidentel et involontaire en délit …
Un accident est un accident. Mais quand un accident cause des pertes en vie humaine, il faut se poser des questions et aller au delà de la responsabilité. La mort n’est pas à justifier. Même si par erreur vous provoquez  la mort d’un homme, on vous fait payer. Donc, un accident de la route qui cause des morts, vraiment il faut le considérer comme un délit majeur dont l’auteur doit être puni.

Célestin KOUADIO
c.kouadio@acturouites.info

Laissez un commentaire, un cadeau vous attend...Chaque jour, commentez les articles que vous lisez sur Acturoutes.info. Donnez votre avis, dénoncez ce qui ne va pas et proposez vos solutions. Sur les articles que vous lisez, cliquez sur J′aime et partager pour les partager avec vos amis et proches en un clic. Pour le reste, regardez dans ACTUROUTES Cadeaux ! ACTUROUTES récompense votre fidélité. Des cadeaux vous attendent...

Lire également: