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Jonas Lago: "Il faut copier le modèle du corridor Malanville-Cotonou"

ActualitéPublié le 06-11-2019 12h57

Pour M. Lago, il faut une prise de conscience nationale des impacts négatifs des tracasseries routières. Ph. Acturoutes

Le Comité national de l’Alliance Borderless a tenu récemment à Abidjan un atelier sur la compétitivité du corridor ivoirien qui a fait ressortir des entraves encore saillantes sur le transit routier de marchandises entre la Côte d’Ivoire et ses  voisins du nord, Burkina Faso et Mali. Le président du Comité national et président du Comité exécutif de l’Alliance, Jonas Lago, fait un éclairage sur des actions prioritaires à mener en termes de solutions.

Quelles sont les dispositions à prendre pour que le corridor nord ivoirien soit véritablement compétitif?
Merci pour l’opportunité qu’Acturoutes offre d’échanger avec les lecteurs. Nous nous réjouissons au niveau du Comité national de l’Alliance Borderless d’avoir organisé cet atelier sur la compétitivité du corridor de transit depuis le Port d’Abidjan jusqu’aux frontières Nord (Burkina Faso et Mali). Nous nous réjouissons aussi d’avoir réuni les acteurs publics et privés concernés par l’ensemble des activités économiques et administratives sur le ledit corridor. Merci au ministère de l’intégration régionale, aux ministères en charge du commerce et du transport, à l’autorité portuaire représentée par le Secrétaire général de la communauté portuaire. Nous avons aussi eu le conseil des chargeurs, les transitaires et les gros opérateurs économiques etc. Nous disons que comme solutions pour rendre le corridor compétitif, il faut apporter des solutions à l’ensemble des problèmes qui se posent sur la plateforme portuaire en termes de congestion de trafic, de taxes, de juxtaposition de responsabilité entre la Chambre de commerce, l’opérateur et le commissariat en douane agréé sur la question des frais de 0,25% sur le Transit routier inter-Etat (TRIE). Il y a aussi les nombreux postes de contrôles sur le corridor Abidjan-Yamoussoukro, les travaux de l’autoroute Yamoussoukro-Bouaké jusqu’aux frontières du Nord qui sont causes de nombreux retards. Il faut régler aussi les problèmes de retard au passage des frontières de la Côte d’Ivoire avec le Burkina et le Mali ainsi que les frais illicites dénoncés ici et perçus par l’action des intermédiaires ou des transitaires, la douane et la gendarmerie. Voici ramassé un ensemble de conditions à réunir pour fluidifier le corridor. Quand nous y arriverons, nous aurons atteint un niveau de satisfaction conforme à l’image que le Port d’Abidjan projette de lui-même. Notamment un port compétitif et qui suscite autant d’attrait que les ports de Tanger (Maroc) et Durban (Afrique du Sud). C’est notre contribution pour que les ports d’Abidjan et San Pedro arrivent à ce niveau de compétitivité. Merci aux forces de sécurité qui ont apporté leur contribution aux échanges et qui ont pris l’engagement de poursuivre la sensibilisation.

L’un des arguments qui sous-tend encore la présence des postes de contrôle sur les routes, c’est de la préservation de la sécurité. Que répondez-vous à cette justification?
Il y a de nombreux postes d’observation de la police et de la gendarmerie sur les routes. Sur le corridor le plus compétitif de la sous-région, à savoir de Malanville (frontière Niger) à Cotonou (Bénin), sur 760 km, il n’y a aucun poste de contrôle. Les forces mixtes de sécurité patrouillent le long du corridor pour rassurer les opérateurs économiques et donner une réponse à la question de la sécurité. Nous proposons que ces dispositions soient mises en œuvre ici. On aura ainsi une suppression des postes de contrôles fixes de sorte à rassurer les opérateurs économiques et devenir plus compétitifs.

Les participants ont aussi évoqué une forme de racket opérée par des intermédiaires aux frontières. De quoi s’agit-il?
C’est la question des frais de 7 500 à 10 000 FCFA payés par les équipages routiers. Il se trouve qu’il y a des intermédiaires qui prennent des documents avec les chauffeurs et font signer les acquis douaniers par les agents des douanes. Les agents de douanes disent signer sans percevoir d’argent. Or les chauffeurs disent que quand ils ne s’acquittent pas de cette somme, les acquis douaniers ne sont pas signés. Il se trouve qu’il y a une circulaire du Directeur général des douanes qui définit la procédure de signature des acquis douaniers sans intermédiaires. Nous avons donc invité les équipages routiers et les opérateurs eux-mêmes ou leurs commissariats en douane agrées à approcher la douane pour faire signer le document de sorte à supprimer ces frais illicites.

Vous soulignez aussi que face au racket les usagers tombent dans le laxisme…
Il faut que chacun prenne conscience  que tout ce qui est pratique anormale sur les axes routiers entraine un coût important sur l’économie et que ces coûts nous rendent moins compétitifs. Il y a lieu de prendre conscience dans un état de civisme pour qu’on aille de l’avant.

Que disent les textes de la Zone de libre échange continentale (ZLEC) pour assurer la fluidité du commerce?
Nous sommes invités en mettre en pratique les textes réglementaires sur le trafic routier au niveau du transit inter-Etat. La mise en œuvre de ces textes contribue fortement à la consolidation  de la ZLEC.

Les tracasseries routières, ce n’est pas nouveau. Qu’est-ce qui vous maintient votre optimiste dans cette lutte?
Le dernier rapport de l’Observatoire des pratiques anormales (OPA) nous encourage en ce sens qu’il indique une amélioration de 2018 à 2019. Nous invitons les administrations et les Etats à aller dans ce sens jusqu’à une satisfaction totale.  Je suis très optimiste, mais j’invite les pouvoirs publics à aller plus rapidement  dans la décision, à aller  plus rapidement dans la responsabilité, de sorte que la Côte d’ivoire soit plus rayonnante sur ces questions. La volonté politique y est, mais il faut qu’elle soit brutale.

Entretien réalisé par
Célestin KOUADIO
c.kouadio@acturoutes.info

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