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Abidjan: une "guerre" contre les motos-taxis qui fait beaucoup de bruits

ActualitéPublié le 14-05-2019 18h40

Les engins à deux roues ne doivent pas exercer pour l'activité de transport de personnes. Photo d'archives

Y-a-t-il eu précipitation? La dernière opération de retrait des motos-taxis des artères du District d’Abidjan a fait des victimes collatérales pour qui la mesure passe mal.

«Pourquoil la police confond-elle tout le monde sur le terrain? Les contrôles pouvaient se faire sans forcément bloquer nos activités». Celui qui se plaint en terme est D. O., patron d’une PME spécialisée dans la distribution. Des engins de l’entreprise ont en effet été saisis par la police lors de la traque des motos-taxis.Depuis, il constate avec regret une chute de ses recettes. Certains de ses clients menancent même de rompre le contrat.

De son côté, Mme B. H. qui dirige une entreprise multi-services indique qu’une de ses motos a été jetée en fourrière à Yopougon et qu’elle n’a pu recuperer l’engin qu’après avoir déboursé plus de 20 000 FCFA contre 50 000 FCFA qui lui étaient exigés au départ.

«Le conducteur avait tous les papiers de la moto. Il avait aussi son casque. Mais ça n’a rien changé», déplore-t-elle.

Le ministère ivoirien des transports a récemment tapé des poings sur la table pour ordonner aux motos-taxis d’arrêter «immédiatement» leurs activités sur l’ensemble du territoire national, principalement à Abidjan.

Pas de place pour les motos-taxis dans la loi
Le mardi 07 mai, premier jour de l’opération de repression menée par la police spéciale de sécurité routière, plus de 300 engins en situation irrégulière ont été saisis. Au motif d’une présence non autorisée des engins à deux roues et trois roues dans la circulation et exerçant le transport de personnes et de marchandises, s’ajoutent le défaut de pièces afférentes à l’activité, le non-port de casque,selon le commissaire de police Touré Kader.

«Il existe des textes pour le transport des personnes et le transport des marchandises. Ces textes n’accordent aucune place aux motos-taxis. En d’autres termes, les motos-taxis sont totalement dans l’illégalité», explique un interlocuteur au sein du cabinet du ministère des transports joint par Acturoutes.

L‘article 23 de la loi sur le transport intérieur stipule que «sauf cas de force majeure, seuls les taxis ville ou les taxis compteurs sont admis à exécuter des services de transport urbain de personnes».

Alors que les autorités déploient progressivement le Programme de mobilité urbaine (PMUA) dans la capitale économique ivoirienne, les motos-taxis sont vus comme des éléments pertubateurs. «Le PMUA privilégie les moyens de transport de masse comme le métro d’Abidjan », souligne notre source.

Indésirables jusqu’au bout
Dans un échange avec la presse, le ministre Amadou Koné avait déjà affiché son aversion quant l’éventualité de l’arrivée des motos-taxis à Abidjan. Jusque-là ce mode de transport était confiné dans la moitié nord du pays, profitant d’une situation de quasi non loi pendant la decennie de crise socio-politique (2002-2011).

«Je n’autoriserai jamais les motos-taxis à Abidjan. Je considère qu’il y a suffisamment d’offres pour la mobilité des personnes dans notre cité pour qu’on s’embarasse de ces engins», avait tranché le ministre.

Sauf que les engins à deux roues et à trois roues sont désormais très repandus dans le District d’Abidjan. Ils servent au transport de marchandises dans des conditions plus adaptées que les camions. Jusque-là, le ministère avait tablé sur une certaine tolérance. Mais face à la décision de passer à la fermeté, plusieurs usagers persistent à penser qu'il y a une «repression sélective».

Célestin KOUADIO
c.kouadio@acturoutesInfo

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